Syrie : selon Envoyé Spécial, Bachar al-Assad est pire qu’Adolf Hitler

Posted on avr 20, 2012 @ 0:00

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Bashar al-Assad et sa femme Asma

J’ai eu les yeux écarquillés et les oreilles en feu qui sifflaient en regardant et écoutant, hier soir, Envoyé Spécial, l’une des émissions phares de notre service public, France 2. Dans un reportage intitulé "Carnet de route: médecins en Syrie", la propagande anti Assad a remplacé le journalisme sous le reportage de Mathilde Pisanetti. Je ne la connaissais pas. Une grande découverte. Auparavant, les cruches finissaient au mieux speakerines. Maintenant, elles couchent avec des hommes politiques et deviennent la voix de leur mari ou amant.

Le timing était parfait. La diffusion de cette daube coïncidait étrangement avec la réunion ministérielle sur la Syrie, à Paris. Entre rumeurs loufoques, théories foireuses et étranges conclusions, on peut se mettre à croire à cette connerie du nouveau Hitler. Pour la rencontre des ministres des Affaires étrangères, Alain Juppé qui recevait quatorze délégations, parmi lesquelles les ministres des Affaires étrangères allemand, américain, jordanien, marocain, qatarien, saoudien a déclaré à l’issue de la réunion:

"Le plan Annan c’est la chance de la paix, une chance à ne pas manquer. Le plan Annan, c’est l’assurance de la paix et de la liberté. Son échec, c’est le chemin vers la guerre civile, voire régionale. Sachons assumer notre responsabilité. Unissons nos efforts, ceux de la Ligue arabe, vers le groupe des amis, ceux du Conseil de sécurité dont la crédibilité est en jeu."

Comment peut-on dire vouloir la paix et exclure le Gouvernement légitime de la Syrie ? Comment, après avoir entubé la Chine et la Russie, peut-on oser parler de la "crédibilité" du Conseil de sécurité alors que, soi-même, on a violé ses idéaux et décrédibilisé avec la crise fabriquée en  Libye ? D’ailleurs, Sarkozy est le responsable du chaos actuel en Libye. Pire, dans le dossier syrien, quand on cite l’Observatoire syrien des droits de l’homme, c’est fuir la réalité et s’engager dans une plaisanterie.

Sur le reportage de France 2, il y avait de quoi pleurer de rire. Un médecin soi disant, racontant comment il soignait des blessés dans un appartement devenu hôpital secret, a entendu des bruits de bottes dans l’escalier. Il a magistralement enlevé sa blouse et s’est mué en homme de ménage. Les militaires ont ensuite demandé où se trouvait le docteur. Les patients ont dit qu’il était parti. Bizarrement, tous ces "opposants-malades" ont été relâchés ou laissés libres et en vie. On cherchait juste le médecin ? Pourquoi cet hôpital de fortune n’a pas été détruit puisque c’est la règle habituelle selon le reportage ? Étonnante incongruité.

Une petite séquence de ce reportage bidon présente un hôpital où, les malades sont menottés. La journaliste, avec ses idées préconçues, aux antipodes de la réalité, ose parler même de certains blessés qui sont projetés sur les murs, opérés sans anesthésie ou assassinés par injection, et toutes les horreurs inimaginables et imaginables. Ridicule.

Ensuite, cette présentation partiale des "héros", ces médecins propagandistes qui soignent les deux camps selon leurs dires. Ces braves gens qui entrent en Syrie, bravant tout, au risque de leur mort, pour sauver des vies. Bref, on tue en Syrie pour tuer. Hélas, aucun mot sur des faits réels, essentiellement de la propagande. Envoyé Spécial a perdu de sa superbe en voulant présenter Bachar al-Assad grimé en Hitler.


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