La violence faite contre les employés de Air France par ses cadres n’a visiblement jamais préoccupé le Gouvernement -actionnaire de la compagnie-, qu’il soit de gauche ou de droite. Humainement, c’est simplement criminel. Or, les événements récents ont fait couler beaucoup d’encre et de salive. Les employés de la compagnie, qui protestaient contre un vaste programme de licenciement ont été traités de tous les noms d’oiseaux. Ok, nous sommes contre toute forme de violence mais, pourquoi celle exercée par les responsables de la compagnie ne font pas le une des journaux ? Qui se souvient de l’affaire Thierry Badjeck dite 4 contre Aéroports de Paris (ADP) avec ses collègues honnêtes, Thierry Schaffuser, Pascale Pouillon et Didier Canizares ?

Lorsque, le 12 avril 2007 le conseil des Prud’hommes rendit son verdict hallucinant, face à une discrimination raciale évidente et des licenciements abusifs, où étaient le Gouvernement ? Et pourtant, les choses étaient claires. L’évidence même d’une grossière falsification, qui m’ont fait renoncer à vie l’achat d’un billet de cette compagnie…

De surprise en surprise, un an après, la Cour d’appel de Paris ( juridiction qui statue, en principe, sur tous les appels interjetés contre les décisions de justice rendues) annule les licenciements et ordonne la réintégration des salariés.

Mais, dans cette réintégration, un petit couac, du racisme, de la discrimination et une violence inouïe à l’encontre de Thierry Badjeck. D’origine camerounaise par son père, française par sa mère, il n’est pas réintégré avec les autres. Non seulement on lui a refusé un poste pour ses origines, mais en plus, il y a là, une violation caractérisée de la loi. Et qu’a fait l’Etat ? Rien.

Cette négrophobie d’Etat doit-elle être encore acceptée en France ? Pourquoi ceux qui condamnent les propos de Nadine Morano acceptent-ils ce racisme anti-noir insidieux ? Mystère et boule de gomme…10 ans de procédure judiciaire et, 12 ans après les faits, toujours rien de concret.