merde

merde

Affolement et bouleversement ont envahi la communauté camerounaise de la diaspora après ton interpellation, suite à un incendie à l’hôtel de ville de Besançon, nouveau lieu de ta résidence. Fichtre. Tu es soupçonné d’en être l’auteur. Et si c’était vrai ? Non, j’en doute mais, tu aurais avoué. Comment un esprit aussi brillant peut-il être ainsi perturbé suite aux accidents de la vie ? Que nenni. Qui peut croire en cette fable ? Pour qui sonne le glas ?

Diantre !

Nous parlions, toi et moi, de tout et de rien. Au téléphone, en tête à tête, sans toutefois partager les mêmes idées. On rêvait d’un idéal commun pour le Cameroun. Je m’inquiétais de ton côté insoupçonné, cher frère et ami, pour cette once de  radicalité qui pouvait être nocive. Je te l’avais dit. En mai 2014, malgré une décision de justice en ta défaveur, je t’avais déconseillé de te rendre à Presstalis. Voici ce que j’écrivais après ton acte héroïque:

Comme le dit toujours l’humoriste Dieudonné, « Au dessus, c’est le soleil ! ». Personne ne peut expliquer comment l’écrivain d’origine camerounaise en exil, Bertrand Teyou, s’en est tiré. Ni pirouette ni manipulation, aucun subterfuge ni passement de jambes ronaldonesques. Il l’avait annoncé et l’a fait. Même pas peur ! Mais, attention au retour de bâton car, il ne faut pas se focaliser sur cet exploit. Oui, exploit. La scène ubuesque s’est passée, hier, en plein 19e arrondissement de Paris au siège de Presstalis, NMPP, les nouvelles messageries de la presse parisienne, distributeur de presse française et internationale, partenaire des éditeurs…L’écrivain s’y était rendu pour réclamer ses droits. Ambiance.

Voir l’article en intégralité ICI

Mais, que s’est-il passé ? La presse t’accuse d’être un « harceleur de l’Etat français ». Tu me disais ton mal être, d’autant que tu étais privé de tes droits d’auteur. Tu me disais que tu n’as pas/plus la possibilité d’être publié, édité et que la situation t’étais insupportable. Tu m’avais déclaré que tu vivais dans une précarité indescriptible en France et que tu exigeais que la place Beauvau te remette ton passeport pour retourner au Cameroun.

Je te disais que, tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir car, il ne faut jamais donner raison à tes détracteurs ou tes ennemis. Je t’avais dit mon désaccord suite à une action musclée contre la venue du Président Paul Biya en Suisse. Ceci t’avais valu une reconduite aux frontières en Suisse, pour cause de trouble à l’ordre public. J’avais critiqué tes écrits ad hominem contre la Première dame camerounaise qui n’a aucun rôle politique. Néanmoins, rien de tout ceci n’avait altéré mon amitié pour toi. Et maintenant pyromane ? Encore une fois, je n’y crois pas…

Oui, cette mauvaise nouvelle m’attriste. Cet accablement est à la fois marqué par la stupeur, d’une part, et par la tristesse, d’autre part. Démoralisation, étonnement, épouvante, stupéfaction et mélancolie m’accompagnent. Je me pose des questions, ne comprends pas.

Un digne fils des plateaux de l’Ouest, de nos plaines sacrées, des montagnes de nos aïeux, altier et un vrai roc peut-il ainsi dériver ? Non, mille fois non. Que se passe-t-il ? Que diable ! Non frère, il faut se battre au lieu de ployer.  Qu’elle mouche t’a donc piqué, si cette affaire te mène en enfer ? Ta garde à vue est terminé et, tu as été déféré à la Maison d’arrêt de Besançon. Nous sommes inquiets, nous, tes amis, tes parents, les Camerounais… Tu risques 10 ans de prison ? Quelle histoire !

Maison d’arrêt de Besançon :

5 Rue Louis Pergaud, 25000 Besançon

Tel : 03 81 41 41 90