Tsipras, ce soir à la télé

Tsipras, ce soir à la télé

Attention, c’est l’Eurogroupe qui bafoue la démocratie parce qu’il ne souhaite pas de référendum en Grèce. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, victime d’un déni de démocratie de la part de l’Eurogroupe, a annoncé dimanche soir à la télévision nationale la fermeture temporaire des banques grecques, et l’instauration d’un contrôle des capitaux.

Le refus de l’Eurogroupe de prolonger le programme d’assistance à la Grèce au-delà du 30 juin «a conduit la BCE à ne pas augmenter la liquidité des banques grecques et a contraint la Banque de Grèce à activer les mesures de fermeture temporaire des banques et de limitation des retraits bancaires», a déclaré M. Tsipras ce dimanche soir, tout en assurant que «les dépôts des citoyens dans les banques grecques sont absolument garantis».

Le Premier ministre grec a également redemandé à l’UE et à la BCE une prolongation du programme d’aide à son pays, qui lui avait été refusée samedi. Alexis Tsipras a indiqué avoir formulé cette demande «auprès du président du Conseil européen et des 18 dirigeants des États membres de la zone euro, ainsi qu’au président de la BCE, de la Commission et du Parlement européen. J’attends leur réponse immédiate à cette requête démocratique de base», a-t-il conclu.

L’exemple de Chypre

Le contrôle des capitaux, décidé par la Grèce dimanche, a déjà été expérimenté de manière drastique à Chypre, pour éviter une fuite d’argent lorsque l’île, au bord de la faillite, négociait en 2013 un plan de sauvetage européen. Cette mesure, qui a affecté l’île pendant deux ans, était alors une première dans l’Union européenne. Face au risque de panique bancaire avec des retraits massifs d’argent, le gouvernement chypriote avait alors fermé toutes les banques pendant près de deux semaines, interdit les virements par internet et limité les retraits par carte bancaire. A la réouverture des banques, des restrictions draconiennes régissaient les mouvements de capitaux. Le risque en cas de fuite des capitaux est en effet la faillite des banques, et par effet domino celle de l’État.

Initialement, les Chypriotes ne pouvaient plus retirer que 300 euros par jour –500 euros pour les entreprises– et ne pouvaient plus ouvrir un compte bancaire. Il était en outre interdit de quitter Chypre avec plus de 1.000 euros en liquide, une somme progressivement relevée au fil des mois. Même chose pour les paiements et virements à l’étranger, initialement limités à 5.000 euros par mois, par personne et par banque. Grâce à une amélioration de la confiance des marchés internationaux dans le système financier chypriote, les restrictions ont été levées une à une jusqu’en mai 2014.