Vladimir Poutine et John Kerry

Vladimir Poutine et John Kerry

Ils mettent le feu partout mais quand les autres réagissent, ils crient aux loups. L’annonce par Vladimir Poutine du renforcement de l’arsenal nucléaire russe, en riposte au projet américain d’installer des armes lourdes en Europe, inquiète le secrétaire d’État américain. Et pourquoi donc ? Les USA ont donc tous les droits mais les autres, rien ?

«Nous avons l’accord START», scellé en 1991 avec l’Union soviétique, qui règle le désarmement nucléaire, a rappelé mardi John Kerry. «Nous essayons d’avancer dans le sens contraire. Nous avons eu une énorme coopération depuis les années 1990 en matière de destruction des armes nucléaires qui se trouvaient sur les anciens territoires de l’Union soviétique et personne ne veut que nous fassions marche arrière», a plaidé le secrétaire d’État. «Personne ne veut, je crois, un retour à une sorte de statut de guerre froide», a condamné John Kerry, favorable par principe au désarmement et grand sceptique devant toute forme d’escalade militaire.

Il était interrogé après que le président Poutine a annoncé que «cette année, plus de 40 nouveaux missiles balistiques intercontinentaux, capables de résister aux systèmes de défense antiaérienne les plus sophistiqués, seront déployés au sein des forces nucléaires russes». L’homme fort du Kremlin a également salué la mise en service sous peu d’un nouveau sous-marin lanceur d’ogives nucléaires, le «Vladimir Monomaque».

Comme par hasard, ses déclarations sur les missiles ont suscité la condamnation immédiate de l’OTAN, cette fouteuse de m*. «C’est injustifié; c’est déstabilisant et dangereux», a dénoncé le secrétaire général Jens Stoltenberg. Les propos de M. Poutine surviennent après que le New York Times a révélé un projet à l’étude au Pentagone de déploiement d’armes lourdes dans des pays d’Europe de l’Est. Se gardant de confirmer ce projet américain et préférant condamner la réaction russe, John Kerry a jugé que «personne ne devrait entendre ce genre d’annonce par un dirigeant d’un pays puissant et ne pas s’inquiéter de ses implications».