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FIFAGATELors d’une interview accordée à la RTS juste après sa réélection, Joseph Blatter contre-attaque.

En ce soir de victoire, le «bonheur» et le «soulagement» ont bien du mal à masquer l’amertume. Réélu pour un mandat de 4 ans à la tête de la FIFA vendredi 29 mai à Zurich, le Valaisan Joseph Blatter, au centre d’un scandale planétaire, contre-attaque.

Lors d’une interview accordée à la RTS, il accuse à demi-mots les Etats-Unis (et au passage la Grande-Bretagne) d’avoir choisi de s’attaquer à la FIFA au moment du congrès par vengeance et calculs politiques.

«Pas une simple coïncidence»

«On ne m’enlèvera pas l’idée qu’il ne s’agit pas d’une simple coïncidence, cette attaque américaine deux jours avant les élections à la FIFA et ensuite la réaction de l’UEFA et de Monsieur Platini (…) Il y a des signes qui ne trompent pas: les Américains étaient candidats à la Coupe du monde de 2022 et ils ont perdu. Les Anglais étaient candidats à la Coupe du Monde de 2018 et ils ont perdu (…) Or c’est justement les médias anglais avec le mouvement américain qui se sont implantés au sein de la FIFA» avec ce scandale.

«Si les Américains ont à faire avec des délits d’argent ou de droit commun qui concernent des citoyens nord ou sud-américains, qu’ils les arrêtent là-bas, mais pas à Zurich alors qu’il y a un congrès».

«Cette affaire (ndlr de corruption), c’est entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Et alors on l’amène à Zurich et on dit: C’est la FIFA? Non! Non!» s’énerve Joseph Blatter. «Les Américains avaient la volonté de déranger un peu le congrès.»

Le Valaisan accuse par ailleurs les Etats-Unis de soutenir directement le Prince Ali: «N’oublions pas qu’ils sont le sponsor numéro un du Royaume hachémite, donc de mon adversaire, cette affaire ne sent pas bon.»

«Pourquoi je démissionnerais ?»

Ne commentant à aucun moment la procédure suisse, distincte de la procédure américaine, le président s’avoue déçu de l’attitude de la confédération, qui a répondu aux demandes américaines sans tenter de les retarder. «Ce n’était pas la situation la plus favorable pour la FIFA. Le Conseil fédéral aurait pu décider de le faire plus tard ou bien avant. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait au mois de mars?» se demande le Valaisan.

Bon ou mauvais timing, les soupçons de corruption, blanchiment et racket sont bien réels. Pouvait-il vraiment ignorer les actes des vices-présidents mis en cause? «Je ne peux pas être tenu responsable des actions des membres du comité exécutif (…) Je n’ai pas de services de renseignement! (…) Je ne suis pas moralement responsable des activités des personnes de la FIFA!»

Quand Darius Rochebin lui fait remarquer que dans n’importe quelle entreprise, un scandale de cette taille aurait mené à la démission du président, le Valaisan ne veut rien entendre. «Démissionner ça voudrait dire que je suis fautif, or je lutte depuis quatre ans contre toute corruption» se défend encore Blatter.

«Je pardonne à tout le monde mais je n’oublie pas»

«Je pardonne à tout le monde mais je n’oublie pas» lâche-t-il au sujet des attaques de ses détracteurs, notamment de Michel Platini. Ce dernier «ne voulait pas que je sois président, et puis ça a mené à une escalade».

«On a essayé de me dire, ‘pars maintenant, pars, c’est le moment de partir’ alors qu’on est à deux jours du congrès (…) – Non mais on est où là?» «Ce sont des choses qu’on ne fait pas» conclut-il.

A 79 ans, Joseph Blatter a promis lors de son discours à Zurich qu’il ferait le ménage et qu’il laisserait à son successeur une FIFA forte et saine, laissant ainsi entendre qu’il ne se représenterait pas dans 4 ans. Ses détracteurs, notamment le président de l’UEFA Michel Platini et les sponsors américains ont immédiatement fait savoir qu’ils l’attendraient au tournant.

(Le Matin/Newsnet)