racaille

Par Allain Jules

La daube «Racaille football club», publié en mai 2013 (éditions Hugo & Cie), écrit par le journaleux Daniel Riolo, revenait sur le soi-disant désamour des Français vis-à-vis des Bleus. Un forcing incestueux, celui de faire croire que les Français n’aiment pas les Bleus avec des sondages bidons. Le milieu du Bayern Munich attaquait plusieurs passages. «Ribéry, Anelka et Benzema. Faut-il pousser plus avant l’analyse pour savoir que ces trois-là vont avoir dans l’opinion une image de mauvais garçons, de racaille?», écrivait par exemple l’écrivaillon.

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Injurieux ? Oui, pour nous.  Certainement pas, a répondu le tribunal correctionnel de Paris, qui estime que l’auteur se borne à «analyser, de manière objective, les causes de l’impopularité croissante et la dégradation progressive de l’image de joueurs emblématiques de l’équipe de France».

Pas injurieux

«Lascarface»? Contraction du terme «lascar», «plutôt sympathique, même s’il traduit une certaine moquerie», analyse le tribunal, et de «Scarface», «surnom donné par les supporters et la presse» à Ribéry, «porteur d’une cicatrice au visage, en référence au personnage notamment interprété au cinéma par Al Pacino». Expression qui ne «saurait aucunement être considérée comme injurieuse». «Caïd?»: «référence directe et explicite à la célèbre phrase de Roselyne Bachelot, alors ministre des Sports, commentant devant l’Assemblée nationale, le comportement de l’équipe de France de football lors du Mondial 2010», rappelle le tribunal.

Le terme «caïd» visait notamment Ribéry, «compte tenu de son rôle particulièrement médiatisé de meneur dans la rébellion de l’équipe de France contre (le sélectionneur, NDLR) Raymond Domenech à Knysna, en Afrique du Sud», soulignent les juges. Pour cette action en justice «incontestablement téméraire», le tribunal a condamné Franck Ribéry pour procédure abusive, comme le demandaient les prévenus. Il devra verser à l’auteur et à l’éditeur la somme de 2 500 euros chacun.