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Par Simon Petite (Le Temps)

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Alors même que la commission d’enquête accuse Israël et le Hamas, l’Etat hébreu a brillé par son absence lundi lors du débat sur la guerre de Gaza. Dans cette ambiance électrique, la présidente de la commission défend son rapport.

Lundi au Conseil des droits de l’homme à Genève, Israël a préféré la politique de la chaise vide, plutôt que d’entendre les accusations portées contre son armée sur la conduite de la guerre de Gaza de l’été dernier. L’ambassadeur israélien a aussi manqué les attaques du Venezuela ou de l’Arabie saoudite. Le premier a accusé Israël d’avoir mené une «attaque génocidaire» et d’avoir agi «comme une organisation terroriste».

A ces mots, l’ambassadeur Jorge Valero a été interrompu par un délégué américain, dont l’ambassadeur brillait par son absence, en solidarité avec Israël. L’ambassadeur saoudien, Faisal Bin Hassan Trad, a pour sa part dénoncé le «régime raciste» israélien. Il a été remis à l’ordre par l’Allemand Joachim Ruecker, président du Conseil des droits de l’homme: «Ce genre de déclaration n’a pas sa place dans cette enceinte.»

C’est dans cette ambiance électrique que la présidente de la commission d’enquête de l’ONU, la professeure américaine Mary McGowan Davis, présentait ce lundi son rapport devant le Conseil, une enceinte dont Israël s’était retiré en 2012 avant d’y revenir en 2013.

Un traitement particulier pour Israël

L’Etat hébreu s’estime injustement traité par le Conseil, qui l’a condamné à de multiples reprises ces dernières années. Depuis son retour en 2013, Israël boycotte systématiquement les débats sur la situation dans les territoires occupés, qui sont l’objet d’un point à l’ordre du jour spécifique.

Les Etats-Unis et l’Union européenne militent également pour la fin de ce traitement spécial. Les Palestiniens, soutenus par les pays arabes, de la conférence islamique mais aussi de nombreux pays du Sud, maintiennent en revanche que l’occupation israélienne est un cas particulier, différent des violations des droits de l’homme commises à l’intérieur des frontières d’un Etat.

«La commission a fait tout son possible pour accéder à Israël et aux territoires occupés. Mais Israël n’a jamais répondu à nos demandes. L’Egypte ne nous a aussi pas permis d’entrer dans la bande de Gaza depuis son territoire», a rappelé Mary McGowan Davis. Le rapport, basé sur des interviews réalisées par Skype et sur le témoignage de victimes qui ont pu se rendre à Amman ou Genève, accuse à la fois Israël et le Hamas.

Les deux ennemis pourraient chacun avoir commis des crimes de guerre, le mouvement islamiste pour ses tirs de roquette contre les villes israéliennes et l’Etat hébreu pour ses bombardements massifs en représailles. La commission a toutefois précisé qu’elle n’était pas un tribunal, à même de délivrer des verdicts de culpabilité.

Attaques en pleine nuit

«L’armée israélienne a attaqué des maisons au milieu de la nuit sur ou lorsque les familles étaient réunies pour le repas du ramadan», a détaillé Mary McGowan Davis. La professeure s’est également inquiétée des déclarations de responsables israéliens revendiquant les frappes contre «les maisons de politiciens ou de l’élite sociale de Gaza». Selon elle, «c’est une interprétation des cibles militaires qui pourrait être plus large que le droit humanitaire international».

«Les opérations terrestres israéliennes à Shuja’iya, Khuza’a et Rafah (pour détruire les tunnels creusés par le Hamas et menaçant l’Etat hébreu, ndlr) ont causé des pertes civiles énormes. La façon dont ces quartiers ont été rasés l’un après l’autre suscite des questions d’un point de vue militaire», a-t-elle continué. Les groupes armés palestiniens n’ont pas été épargnés par la présidente. «Ils ont tiré un nombre sans précédent de roquettes, la majorité sans aucun système de guidance, mais dirigées vers les plus grands centres de population en Israël», a-t-elle estimé. Et de dénoncer «l’exécution extrajudiciaire» de présumés collaborateurs avec Israël, qui constituent des «crimes de guerre».

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