Bolt

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Attention talent ! L’homme qui a quitté Puma pur Nike, avec à la clef un contrat mirobolant est de retour…Oui, le talent ne s’achète pas dans un supermarché ou ailleurs. Il ne fallait pas enterrer Usain Bolt ! Pour sa première course depuis… six semaines, il a remporté haut la main le 100 m du meeting de Londres en 9 »87.

«Je vais continuer à travailler dur pour Pékin, et ça devrait le faire», a déclaré le sextuple champion olympique et octuple champion du monde, qui a paru soulagé après sa course.

Dans des conditions fraîches (13 degrés) et humides, et dans un stade olympique qu’il avait illuminé de ses éclairs et de sa classe aux JO 2012, l’immense champion avait à cœur de montrer qu’il était de retour.

L’effet est réussi, avec deux performances (en séries et en finale) en 9 »87, par vent contraire. C’est infiniment mieux que ses 10 »12 du mois d’avril sur un hippodrome de Rio, sa dernière performance en date sur la ligne droite.

Il n’a plus de douleurs depuis 10 jours

Depuis, «La Foudre» avait été terrassée par des ennuis de santé (blessure à l’aine côté gauche) et n’avait pas trouvé son rythme de croisière, pas plus sur 200 que sur 100 m. Soigné à Munich par l’ex-médecin du Bayern Hans-Wilhelm Müller-Wohlfahrt, Bolt s’entraîne à nouveau sans douleur depuis une dizaine de jours.

«Je voulais courir plus vite aujourd’hui, mais après le mauvais départ que j’ai pris, je ne pouvais pas espérer mieux. Dans l’ensemble, c’était une bonne course», a résumé Bolt.

Comme à l’accoutumée, il a émergé dans les derniers 40 derniers mètres pour devancer l’Américain Michael Rodgers (9 »90) et le Jamaïcain Kemard Bailey-Cole (9 »92).

Les mimiques de Bolt ne trompent pas: l’homme n’est pas encore à son top, mais il est sur la bonne voie. Sans rechute d’ici mi-août, il sera en mesure de conserver son sceptre à Pékin. Même si la menace de Justin Gatlin est plus sérieuse que jamais: l’ex-banni des pistes aligne cette saison les chronos en 9 »7. Sans jamais toutefois électriser les foules comme seul Bolt sait le faire.

Les organisateurs britanniques étant intransigeants, aucun ex-dopé n’était invité à ce 100 m. Bolt n’a ainsi eu à affronter ni Tyson Gay, ni Asafa Powell, d’autres (très) sérieux rivaux. Rendez-vous est donc pris à Pékin, sans doute, les 100 et 200 m les plus mythiques de tous les temps ?

Londres sous l’eau

En début de meeting, la pluie violente a contraint les organisateurs à reporter le concours de la perche masculine à samedi. Les bénévoles du meeting ont écopé l’eau accumulée dans la zone de saut, mais insuffisamment pour que les conditions minimales de sécurité soient respectées.

Dans ces conditions, et d’une façon générale, il ne fallait pas espérer des «miracles» de la part des athlètes. Le public a vibré au rythme des foulées de la nouvelle étoile Zharnel Hughes (20 ans), autorisé depuis cette saison à courir pour la Grande-Bretagne. Le natif d’Anguilla, un «confetti» des Caraïbes de 15 000 habitants non membre du CIO, a gagné en 20 »05, record personnel. Il a émergé sur la fin pour devancer l’Américain Dedric Dukes (2e en 20 »14).

Particulièrement désavantagés par les conditions, les spécialistes des haies ont très bien fait face. Jasmin Stowers, qui avait dominé le but de saison sur 100 m haies avant de passer «au travers» aux sélections US pour les Mondiaux, est revenue au top en gagnant en 12 »47, record du meeting. Sur 110 m haies, l’Américain Jason Richardson a soufflé sur le fil la victoire en 13 »19 au Français Pascal Martinot-Lagarde, qui a accroché la dernière haie alors qu’il était nettement en tête.

(Allain Jules/SI/Le Matin)