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Depuis son arrivée au pouvoir, Muhammadu Buhari a transféré le quartier général de l'armée nigériane de la capitale Abuja à Maiduguri, chef-lieu de l'Etat de Borno et berceau de l'insurrection.

Confronté à la multiplication récente des attentats commis par Boko Haram, le président nigérian, Muhammadu Buhari, a limogé et remplacé, lundi 13 juillet, l’ensemble des chefs de l’armée nommés par son prédécesseur.

Peu avant cette annonce lundi, un nouveau kamikaze se faisait exploser dans le nord-est du Nigeria, et le Cameroun voisin, déjà maintes fois touché par des raids meurtriers et des enlèvements, a été à son tour dimanche soir le théâtre d’un double attentat-suicide, le premier sur son sol, avec un bilan de 11 morts.

M. Buhari, élu en mars face au président sortant Goodluck Jonathan et investi le 29 mai, a fait de la lutte contre l’organisation islamiste la priorité de son mandat. Ces nominations sont les plus importantes depuis sa prise de fonctions, dans un pays qui n’a toujours pas de gouvernement. Son prédécesseur, Goodluck Jonathan, avait essuyé des critiques répétées de ses détracteurs, qui lui reprochaient un manque d’efficacité dans la lutte contre Boko Haram.

Depuis son arrivée au pouvoir, Muhammadu Buhari a transféré le quartier général de l’armée nigériane de la capitale Abuja à Maiduguri, chef-lieu de l’Etat de Borno et berceau de l’insurrection.

Le président a limogé notamment les chefs de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air, tous nommés par Goodluck Jonathan en janvier 2014. Muhammadu Buhari, lui-même ancien général, a nommé leurs successeurs dans l’après-midi et a également pourvu le poste de conseiller national à la sécurité.

L’armée critiquée

L’armée a été très critiquée pour n’avoir pu contenir l’insurrection islamiste, désormais affiliée à l’organisation djihadiste Etat islamique. Les attaques et exactions de Boko Haram, ainsi que la répression menée par les forces de l’ordre, ont fait plus de 15 000 morts et 1,5 million de déplacés au Nigeria en six ans.

Le Nigeria a obtenu en juin le commandement militaire d’une force des pays de la région – Tchad, Niger, Cameroun et Nigeria – chargée de lutter contre Boko Haram et dont le quartier général sera à N’Djamena, la capitale tchadienne. En juin, l’armée nigériane a été accusée par Amnesty international de bafouer les droits de l’homme.

Selon l’organisation internationale, qui a demandé l’ouverture d’une enquête contre les principaux responsables militaires, l’armée est à l’origine de la mort de 8 000 détenus.

(AFP, Reuters, Le Monde)